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04. 10. 18

CHRISTIAN MANTEI, DIRECTEUR GENERAL D’ATOUT FRANCE A PRIS LE TEMPS DE REPONDRE A NOS QUESTIONS

La France va bientôt accueillir deux événements sportifs majeurs : la Coupe du monde de Rugby en 2023 et les JO en 2024. Combien de touristes étrangers espère-t-elle accueillir pour des grands événements tels que ceux-là ?

Christian Mantei : Sans oublier la Ryder Cup en septembre prochain ! Notre pays attire de nombreux projets sportifs et nous pouvons que nous en réjouir. C’est bon pour la psychologie nationale et pour les retombées médiatiques qui en résultent, avant et longtemps après chaque événement.

Savez-vous par exemple que :

• 2 Australiens sur 3 regardent le Tour de France chaque année,
• les JO en 2024 devraient attirer 500 000 spectateurs et 3 milliards de téléspectateurs,
• la Ryder Cup attire 200 000 spectateurs et 1 milliard de téléspectateurs,
• le Marathon de Paris est l’un des plus prisés avec celui de New York. Les participants ont l’impression de courir dans un musée à ciel ouvert… En revanche, pendant la durée de l’évènement, on observe toujours un « effet d’éviction », de l’ordre de 20%.


Pourquoi ?

CM: C’est inhérent à chaque événement qui voit la clientèle traditionnelle, voire la population locale, fuir l’événement pour être simplement remplacée par les visiteurs venus spécialement pour y assister.

Paris et l’Ile-de-France ont-elles, selon vous, les capacités d’accueil suffisantes en matière d’hébergement pour accueillir ces nombreux touristes ?

CM: Structurellement, on sait qu’il manque environ 15 000 chambres d’hôtels en Ilede-France. Néanmoins, la France a la capacité pour accueillir les visiteurs sportifs du fait de ce fameux « effet d’éviction ». Pour notre dossier de candidature des JO 2024, nous avions comparé la capacité d’accueil de Paris avec celle de la ville de Los Angeles. Résultat : dans un rayon de
10 kilomètres autour du Village Olympique, Paris proposait 90 000 chambres contre 13 200 chambres pour Los Angeles. Si on étendait notre périmètre à 50 kilomètres, c’est 156 000 chambres que nous pouvions offrir contre 93 000 pour LA. Pour nous, les grands événements sportifs sont bien évidemment des accélérateurs de croissance mais restent des événements très ponctuels.

Si l’on regarde de plus près la dynamique structurelle de croissance, on constate que les choix d’investissement des pouvoirs publics se portent sur le développement des infrastructures. 1,6 milliards d’euros d’investissement sont prévus pour augmenter la capacité d’accueil des aéroports franciliens. Ces investissements à long terme projettent d’accueillir plus de 120 millions de visiteurs par an. Et selon l’Observatoire de la Connectivité, 1/3 des passagers qui prennent des vols longs courriers pour Paris ont pour destination finale un aéroport régional. C’est énorme ! Les villes majeures de province sont en train de devenir des destinations à part entière en raison de leur patrimoine et de leur politique culturelle. Regardez par exemple les trajectoires dynamiques de villes telles que Nice, Marseille, Lyon, Nantes, Toulouse, Bordeaux ou encore Le Havre.


Sommes-nous d’ores et déjà dans un rythme d’actions qui nous permettra d’être prêts à horizon 2023/24 ?

CM: Bien sûr nous serons prêts ! Le savoir-faire français c’est aussi celui de savoir respecter ces grandes échéances et les engagements pris, notamment dans le cadre de nos différents dossiers de candidature. Nous sommes d’ailleurs perçus comme d’excellents organisateurs. Sur notre objectif de 15 000 chambres, 7 000 chambres sont déjà créées. Nous sommes sereins.

La combinaison des expertises des différentes parties prenantes sur ces grands événements, qu’elles soient publiques ou privées, ne laisse aucun doute sur l’attente de tous nos objectifs.

Propos recueillis par Extendam le 28 juin 2018

 

 

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